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Le piège invisible de l’externalisation commerciale (et comment l’éviter dès maintenant)

Confier une partie de ses ventes à un prestataire extérieur est une décision stratégique. C’est aussi un pari. Un pari sur la capacité de son entreprise à transmettre son savoir-faire, à formaliser ses attentes, à s’ouvrir à une culture différente. Un pari sur la maturité commerciale, sur la clarté du positionnement, sur la robustesse des processus internes. Or, c’est précisément à l’étape du lancement que ce pari se joue. Et dans la majorité des cas, c’est là que tout se complique.

Externaliser ne veut pas dire se débarrasser. Cela implique de rendre transmissible ce qui, jusqu’ici, reposait sur des routines internes, des habitudes implicites, des savoirs informels. Et cette transmission ne se fait pas toute seule. Elle doit être structurée, accompagnée, pilotée. Sinon, l’externalisation devient rapidement un échec coûteux — non pas parce que le principe est mauvais, mais parce que l’exécution est bancale.


Lancer une externalisation commerciale, ce n’est pas juste "briefer un prestataire", surtout s'il est offshore !

Nombre d’entreprises abordent l’externalisation comme un achat de service classique. On choisit un prestataire, on signe un contrat, on partage quelques documents, et on s’attend à des résultats rapides. Dans les faits, ce schéma conduit à des malentendus, à des retards, à une perte de confiance réciproque. Pourquoi ? Parce que le prestataire ne peut deviner ce que l’entreprise n’a pas elle-même clarifié.

Prenons le cas d’une société spécialisée dans les logiciels RH. Son objectif : augmenter le nombre de démos prises chaque semaine. Elle externalise la prise de rendez-vous à une équipe en nearshore. Brief initial de 45 minutes, un accès CRM, un script générique. Deux semaines plus tard, le taux de transformation chute de moitié. L’équipe externe ne maîtrise pas les objections spécifiques du secteur, les personas sont mal qualifiés, et les commerciaux internes passent plus de temps à recadrer les leads qu’à closer.

L’erreur ici n’est pas d’avoir externalisé. Elle est d’avoir lancé l’externalisation sans la penser comme un transfert de savoir opérationnel. Or, sans une phase de setup construite, il ne s’agit pas d’un lancement, mais d’un saut dans l’inconnu.


Formaliser ce qui est souvent informel

Tout projet d’externalisation commence par un paradoxe : on délègue une fonction qu’on n’a pas toujours bien formalisée en interne. Scripts, scoring, segmentation, tunnel de conversion, CRM : autant de briques qui existent… mais rarement sous une forme transmissible.

C’est là que le travail de formalisation est crucial. Il ne s’agit pas de créer des process parfaits, mais de rendre visible ce qui est tacite. Comment qualifie-t-on un lead ? Quelle différence entre un prospect "chaud" et un prospect "moyen" ? À quel moment passe-t-on la main à un commercial senior ? Toutes ces décisions, prises à l’instinct dans l’équipe interne, doivent désormais être explicitées.

Une entreprise de conseil en transformation digitale a réussi son externalisation en documentant chaque étape du cycle de vente. Elle a produit un playbook, organisé une formation en visio, mis en place un canal Slack partagé. Résultat : des leads mieux qualifiés, une intégration fluide, et un time-to-impact réduit de 40 % par rapport à leur précédent test raté.


La tentation de l’urgence : aller vite… et rater ce qui compte

L’un des pires ennemis du lancement, c’est la pression du temps. Lorsqu’une entreprise externalise, c’est souvent parce qu’elle est débordée ou qu’elle veut accélérer. Le risque, alors, est de bâcler la phase de préparation, de repousser certains alignements (“on verra plus tard”) ou de penser que le prestataire “va s’adapter”.

Or, une externalisation mal lancée est bien plus difficile à redresser qu’à construire correctement dès le départ. En effet, les erreurs du début laissent des traces : incompréhensions, tensions, perte de confiance. Et surtout, elles faussent les indicateurs. Comment évaluer la performance d’un prestataire si on ne lui a jamais donné les bonnes conditions pour réussir ?

Un acteur du e-commerce B2C a lancé une externalisation avec pour seul brief “20 appels de vente par jour”. Pas de persona précis, pas d’argumentaire. En trois semaines, plus de 200 appels passés… et zéro vente. Ce n’est qu’après avoir repris l’intégralité du setup, défini une promesse claire, une séquence de relance et un cadre de reporting que la courbe s’est inversée. Le prestataire était compétent, mais mal guidé.


Le setup comme outil de pilotage, pas comme formalité

Il faut cesser de voir le setup comme un simple préambule. En réalité, c’est une phase de co-construction, où se joue la qualité de la collaboration future. C’est là que l’on décide de qui fait quoi, comment on mesure la performance, à quel rythme on échange. C’est aussi là qu’on construit une culture commune.

Mettre en place un CRM partagé, définir un socle de KPIs, fixer un rythme de réunion hebdomadaire, nommer un référent interne… autant d’éléments qui paraissent secondaires, mais qui structurent la relation. Sans cela, le projet repose sur des impressions. Et les impressions, dans une relation client-prestataire, tournent vite à la défiance.

Certaines entreprises vont plus loin : elles prévoient une phase de pré-lancement, avec un test pilote, une montée en charge progressive. Cette approche permet d’ajuster les scripts, de vérifier la compréhension du marché, d’impliquer les équipes internes. Et surtout, d’apprendre vite, sans brûler le capital confiance. Chez www.prospectionclient.com la montée en compétence se fait sur 3 mois avec des processus d'amélioration continue, mais tout en étant opérationnel ! Appelez pour en discuter !


Ce qu’il ne faut jamais déléguer : la vision et le pilotage

Externaliser n’a jamais voulu dire disparaître. Le succès repose sur une répartition claire des rôles. Le prestataire exécute, optimise, remonte les signaux faibles. Mais c’est à l’entreprise de garder la main sur la stratégie, le positionnement, le suivi des résultats.

Plus on externalise, plus on doit internaliser le pilotage. C’est le paradoxe fondamental : pour bien déléguer, il faut être encore plus clair sur ce que l’on veut. Cela suppose des arbitrages : vaut-il mieux 100 rendez-vous avec des leads tièdes ou 20 hyper ciblés ? Accepte-t-on que le ton soit un peu différent, si les résultats sont là ? Comment gère-t-on les retours clients négatifs ? Ces questions doivent être tranchées en amont, et documentées.

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