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Pourquoi l’économie française est en train de s’auto-détruire à cause des "croyances de luxe" de Rob Henderson

La France est un pays où l’on sait inventer, où les cerveaux ne manquent pas, où les talents sortent chaque année par milliers des écoles d’ingénieurs et de commerce. Et pourtant, on peine à créer de la valeur. On stagne. On se plaint du manque de croissance, mais on sabote méthodiquement toutes les conditions nécessaires à sa naissance.



La raison n’est pas un manque de ressources. C’est un excès de morale. Une morale toxique portée par ceux qui n’ont jamais eu à gérer un budget, ni à payer une masse salariale, ni à comprendre une feuille d’impôt : les croyances de luxe.


Quand la vertu devient un impôt déguisé

Les croyances de luxe ne sont pas de vraies convictions. Ce sont des postures sociales adoptées par des élites protégées : fonctionnaires bien installés, cadres dans des sièges parisiens, intellectuels subventionnés. Elles permettent d’afficher une supériorité morale sans en payer le prix. Mais ce prix, quelqu’un le paie. Et ce quelqu’un, c’est vous, c’est l’entrepreneur, le commerçant, le dirigeant de PME mais aussi les salariés.

Ces croyances ont un effet direct et destructeur : elles justifient une explosion des contraintes administratives, une prolifération de normes absurdes, une fiscalité étouffante. Sous couvert d’inclusivité, de justice climatique ou de responsabilité sociale, on multiplie les obligations de conformité, les audits RSE, les chartes inutiles, les formations obligatoires, les indicateurs de diversité, les certifications creuses.

Chacune de ces contraintes est minime prise isolément. Mais accumulées, elles rendent le simple fait de faire tourner une entreprise aussi coûteux qu’irrationnel.


Ce n’est plus rentable de travailler en France

Ce que les croyances de luxe ont fait, concrètement, c’est tuer la rentabilité du travail local. Recruter quelqu’un en France coûte deux à trois fois son salaire net. Entre les charges patronales, les contraintes juridiques, les obligations réglementaires, le risque prud’homal et l’inflation administrative, une embauche devient un pari risqué. Et chaque euro investi dans votre activité est grevé par l’impôt, les taxes, les contributions obligatoires, les reports de TVA, les taxes sur les salaires, les taxes foncières, les contrôles en cascade.

Pourquoi ? Parce que cette complexité est justifiée moralement. Il faut être un « bon employeur », il faut montrer qu’on est vertueux, qu’on prend soin de l’environnement, des minorités, des émotions, des représentations. L’entreprise n’est plus là pour créer de la valeur, mais pour démontrer qu’elle est éthique. Et chaque démonstration morale coûte très cher.

Les grands groupes s’en sortent, car ils disposent d’équipes juridiques, fiscales, RH, RSE, marketing, capables de traiter cette complexité à coups de budgets massifs. Les PME, elles, crèvent.


Les croyances de luxe sont une taxe sociale invisible

C’est là que le mécanisme est le plus vicieux : les croyances de luxe agissent comme une taxe. Pas une taxe votée, mais une taxe symbolique. Une pression sociale qui vous pousse à faire ce que vous ne pouvez pas vous permettre : embaucher même si vous ne pouvez pas assumer les charges, ralentir votre croissance pour être « éthique », renoncer à certaines opportunités car elles ne sont pas « alignées ».

On ne vous dit plus : « soyez compétitif », on vous dit : « soyez moralement correct ». Mais cela, personne ne le finance. Ce n’est pas votre banquier qui paiera pour votre charte diversité, ni votre client qui tolérera un retard de livraison au nom du bien commun. Vous, vous payez. Les autres, eux, récoltent le prestige.


Vous êtes piégé entre la morale et le réel

C’est ce piège qui étouffe les entrepreneurs. À force de devoir jouer selon les règles d’un monde moralement idéalisé, vous vous retrouvez à violer les règles de base du réel : produire plus que vous ne dépensez, investir dans ce qui rapporte, déléguer ce qui vous freine.

Mais voilà : déléguer devient suspect. Offshorer, immoral. Gagner de l’argent, indécent. Faire une publicité un peu trop directe, oppressif. Viser l’efficacité, brutal. Vous êtes pris dans une contradiction : pour survivre économiquement, il faudrait violer les codes moraux imposés par ceux qui ne produisent rien.


Et donc, il ne reste qu’une solution : agir d'ailleurs

On ne peut plus recruter en France. On ne peut plus prospecter de façon rentable depuis la France. On ne peut même plus embaucher un vendeur en France sans prendre le risque d’enfreindre, à m oyen terme, une loi, une norme ou une sensibilité à la mode. Toute action devient potentiellement risquée, coûteuse, pénalisante.

La seule façon de rester compétitif est donc de délocaliser l’action, tout en gardant la stratégie ici. Diriger depuis la France, mais vendre depuis ailleurs. Prospecter via des équipes offshore, encadrées par des Français, mais libérées des contraintes françaises. Exécuter en Roumanie, au Sénégal, à Madagascar, au Maroc ou en Asie, mais décider depuis Paris, Lyon, Nantes ou Toulouse.

Ce n’est pas une trahison. C’est un réflexe de survie. C’est le seul moyen d’échapper à une économie verrouillée par une morale qui ne produit rien mais interdit tout.


L’élite morale reste au balcon pendant que vous videz les caisses

Ce système n’est pas une dérive : c’est un mécanisme. Il a été construit pour maintenir les élites en haut de la pyramide tout en vous demandant de prouver chaque jour que vous êtes digne de survivre. Pendant qu’elles affichent leur conscience, vous absorbez les taxes, les normes, les risques, les audits.

Le message est clair : « vous devez être rentable malgré tout ce qu’on vous impose, et en plus, vous devez le faire avec le sourire, sans heurter personne, et en affichant une image responsable ». Autant dire : courez vite, mais avec un sac de pierres sur le dos. Sandrine Rousseau a ainsi récemment clairement affiché son mépris pour la rentabilité des agriculteurs ! Leur rentabilité ? Elle n'en a rien à "foutre" , mais par contre, gentils agriculteurs, même si vous crevez de faim, continuez bien à produire pour que Madame puisse profiter d'un bon déjeuner gastronomique !


Conclusion : jouer selon vos règles, pas les leurs

Ceux qui vous culpabilisent ne risquent rien. Ils sont payés par l’État, protégés par leurs statuts, déconnectés de toute logique de rentabilité. Vous, vous avez une seule obligation : survivre économiquement. Et pour cela, il faut arrêter de jouer à ce jeu.

Penser stratégique en France. Agir ailleurs. Externaliser l’exécution. Déléguer la prospection (allez sur le site www.prospectionclient.com). Recruter là où travailler reste possible. Gérer les opérations à distance. Et ne plus perdre une minute à chercher l’approbation morale de ceux qui ne produisent rien.

C’est brutal. Mais c’est ça ou crever.


Questions pour le lecteur

  1. Si vous supprimiez 80 % des contraintes réglementaires que vous subissez, combien de postes pourriez-vous créer ?

  2. Que coûte à votre entreprise, en euros, l’obligation d’avoir l’air vertueux ?

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