Faut-il encore un manager de proximité dans un call center ? Oui, mais pas pour ce que vous croyez
- Philippe Massol
- 22 janv.
- 4 min de lecture
On entend souvent que manager un call center en proximité est le pilier de tout centre d’appels. Celui qui veille au bien-être de ses équipes, garantit la qualité des appels, gère les urgences, anime les réunions, rassure la direction. Et dans un sens, c’est vrai : dès qu’on a une équipe, il faut quelqu’un pour superviser, corriger, et parfois arbitrer. Mais il y a un problème : ce rôle, tel qu’il est conçu aujourd’hui, ne répond plus aux enjeux réels des centres de contacts.
Le management opérationnel classique est dépassé. Et continuer à l’idéaliser, c’est ignorer la vraie question : comment vendre mieux, plus vite, et plus souvent.
Oui, il faut un pilote à bord pur performer, mais pas un manager de proximité
Prenez n’importe quel plateau téléphonique : il y a forcément quelqu’un qu’on appelle "le manager de proximité". Il fait les plannings, organise les briefs du matin, valide les congés, recadre un agent en retard, fait un point individuel une fois par mois. En théorie, c’est le garant de la performance collective. En pratique, c’est surtout un tampon entre la direction et les opérateurs. Il sert à faire tenir la machine, pas à l’accélérer.
Ce rôle est devenu un poste de contrôle qualité élargi. C’est utile, bien sûr. Quand vous avez 10, 15, 20 agents, il faut une personne pour répondre aux questions, relayer les consignes, calmer les tensions. Mais à aucun moment ce manager ne fabrique de la performance commerciale. Il s’assure que le travail est fait. Il ne transforme pas le travail en résultats.
Prenons un exemple simple : une équipe de téléprospection vend des rendez-vous pour des courtiers en assurance. Le manager suit les scripts, rappelle les objectifs, vérifie que les appels sont bien qualifiés. Mais quand les résultats baissent, il est désarmé. Il va motiver l’équipe, changer l’ordre du script, faire un jeu-concours. Rien de tout cela ne résout le vrai problème : les prospects ne mordent plus parce que l’offre n’est pas bien ciblée. Parce que le discours n’est plus pertinent. Parce que la stratégie commerciale n’a pas bougé depuis six mois. Et ça, ce n’est pas dans ses attributions.
Un manager ne sait pas toujours vendre. Et ce n’est pas son rôle.
Autre exemple. Une équipe traite des leads entrants pour de l’installation de panneaux solaires. Tout le monde suit le même déroulé : qualification, diagnostic, rendez-vous. Le manager analyse les taux de transformation, identifie les écarts, organise des séances d’écoute. Il entend qu’un agent dit "installation gratuite" au lieu de "éligible à une aide". Il recadre. Il fait son boulot. Mais il ne se demande jamais si le script est bon, si les leads sont bien générés, si le ciblage correspond aux bons profils. Il n’a pas été formé pour ça. Ce n’est pas dans ses outils.
L’entreprise compte sur lui pour optimiser un process qu’elle ne remet jamais en question. Résultat : on ajuste les micros pendant que la salle se vide.
Ce qu’il faut vraiment : un technicien de la prospection
Le cœur d’un call center, ce n’est pas le management. C’est la vente. Et pour vendre, il faut quelqu’un qui sache construire une mécanique de conversion : un profil qui comprend pourquoi un prospect dit non, ce qu’il attend, ce qui le freine, et comment structurer un discours qui donne envie de dire oui.
Ce rôle, ce n’est pas celui d’un manager, c’est celui d’un spécialiste de la prospection. Un Philippe Massol, par exemple. Quelqu’un qui sait analyser un domaine d’activité stratégique, identifier les profils d’attentes, concevoir un plan d’action à partir des vraies raisons pour lesquelles les gens achètent. Pas un superviseur. Un stratège.
Lui ne commence pas sa journée avec un brief de 10 minutes pour rappeler les chiffres d’hier. Il commence par segmenter. Par exemple : sur 100 leads reçus, combien avaient un besoin urgent ? Combien étaient juste curieux ? Combien avaient déjà été appelés trois fois ? Il isole les typologies, adapte le discours, modifie les priorités. Il ne recadre pas les agents : il redessine la carte de leurs efforts.
Manager de proximité + stratège de la prospection = le vrai duo gagnant
Il ne s’agit pas de jeter le manager de proximité aux oubliettes. Il a un rôle. Il est là pour faire tenir les équipes. Pour assurer le fonctionnement. Il est la structure. Mais il n’est pas le moteur.
C’est exactement comme une voiture : le châssis est important, mais sans un moteur calibré, elle n’avance pas. Le manager organise. Le stratège convertit. L’un sans l’autre, ça ne fonctionne pas.
Le problème, c’est que dans 80 % des centres d’appels, on a le châssis… sans le moteur. Ou pire : on croit que le manager peut faire les deux. Ce n’est pas juste une erreur de casting. C’est une erreur de modèle.
Deux questions pour réfléchir
Votre call center tourne-t-il avec un vrai moteur commercial, ou seulement avec une belle organisation ?
Qui, dans votre structure, est capable de dire pourquoi un prospect achète… et pourquoi il raccroche ?
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